J'ai changé de manière radicale le cours de mon voyage pour plusieurs raisons. La première financière, la Malaisie s'est avérée beaucoup plus chère que prévue (pour pas grand chose) et la deuxième et bien je peux un peu la résumer au burn-out du backpackers. Sur KL, j'ai hésité entre suivre les allemands sur Penang ou d'aller sur la côte Est puis de la remonter jusqu'à la frontière avec la Thaïlande.
C'est en arrivant sur Kuantan (à 3 heures de bus de KL sur la côte Est) que j'ai eu comme un ras-le-bol du voyage, mais pas parce-que je ne veuille pas le continuer. Non, ce fut plutôt: ai-je vraiment envie de devoir voyager encore un jour complet pour aller sur une île aux merveilleuses plages, puis de refaire un jour de route en minibus pour aller visiter une ancienne forêt vieille de plusieurs dizaines de millions d'années et après de me refaire une nouvelle journée complète en bus pour aller sur Penang et de là une nouvelle journée jusqu'à Krabi ? Là, la réponse vendredi matin sur Kuantan, en me dirigeant sur le terminal de bus, fut tout simplement NON. Là, ras-le-bol. En fait, je crois qu'à force de voir des paysages merveilleux et de s'extasier devant ces merveilles de la nature ou créées par l'homme, on finit parfois par se lasser (sans compter le fait qu'on est toujours en mouvement).
De plus et surtout, la Malaisie avec son mélange de conservatisme musulman (malgré la très très forte présence et influence chinoise) et sa course à la modernité pour rattraper Singapour ne m'ont pas plu. J'ai pas eu, que ce soit sur KL, Kuantan ou même Penang (à une exception près) l'impression de visiter un pays accueillant et où les gens semblent heureux de vivre. Non. Sur KL c'est la folie du shopping et de la circulation pire qu'à New York; Kuantan est une ville misérable qui allie bâtiments modernes et des taudis en plein centre ville (en fait, ils pourraient rénover le centre historique et la ville serait immédiatement plus accueillante) et même Penang, en dehors de son centre historique, est une ville comme une autre avec des immenses tours qui poussent comme des champignons à côté de Chinatown ou Little India..
Et la ruelle de mon hostel avec des rats par dizaines et des prostituées la nuit (pourtant une ville très conservatrice)
J'ai aussi eu soudain l'envie de revoir des temples et de respirer de l'encens; les mosquées même si certaines sont très belles, ne m'attirent pas forcément. J'ai personnellement une attirance moyenne pour cette religion, qui malheureusement dans biens des pays et des mouvances (même si ce n'est pas une généralité vous le savez bien), parle de l'Occident comme de l'Empire du mal et qui oblige ses femmes à disparaître sous des burkas et autre tchadors.
Vendredi, j'ai donc pris le premier bus qui retournait sur KL et grâce au CS, j'ai pu loger sur la ville pendant le week-end, le temps de réfléchir à mes prochaines destinations. J'ai opté de partir dimanche sur Georgetown, à 5 heures de route. Les bus en Malaisie sont ultramodernes (business) et climatisés et c'est sur une autoroute aussi ultramoderne et qui relie Singapour à la Thaïlande, que j'ai pu partir sur cette dernière destination en pays malais.
De Penang (Georgetown), j'ai y peut-être passé les journées les plus agréables, sûrement aidé par l'accueil ultra chaleureux du/des chinois qui tenai(en)t l'hostel. La vieille ville avec son Chinatown et Little India (dominés par des tours d'hôtels – encore eux!!) se visite aussi avec plaisir, même si les trottoirs font horriblement défaut et qu'il faut toujours faire attention aux voitures ou motocycles pour ne pas se faire écraser. On peut aussi y manger pour presque rien à des centaines d'endroits et en plus délicieux (j'ai regretté cela sur KL et Kuantan).
Chinatown
Juste à côté de mon hostel
Finalement, pour me motiver encore, Stephi et Simon, les allemands, m'ont proposé de nous retrouver mercredi sur Koh Phi Phi. Et pourquoi pas? J'avais prévu d'y mettre les pieds, mais plus tard.
Petit détail, la Thaïlande change ses règles pour rentrer sur le territoire un peu tout le temps. Jusqu'à il y a peu, on pouvait obtenir un visa à 30 jours quelque soit le moyen de transport. Là, ils l'ont réduit à 15 jours si on arrive par voie terrestre. En farfouillant sur Internet, j'apprends que le visa coûte environ 40 CHF et prend 2 à 3 jours pour être obtenu. Bon, ok, s'il le faut. C'est là qu'en passant dans une des multiples agence de voyage, que je découvre que le royaume offre depuis quelques semaines le visa valable deux mois. La raison ? C'est la « basse saison » et la Thaïlande veut faire venir et rester les touristes le plus longtemps possible. Résultat, le seul frais pour moi fut de payer l'équivalent de 5 CHF pour que l'agence me prenne en photo et aille pour moi au consulat. En moins de deux, clic-clac Kodak et quelques heures plus tard, j'ai pu passer prendre mon passeport et son nouveau « autocollant » (il commence à prendre du volume).
Pour me rendre en Thaïlande, à la différence de KL où c'est une vraie jungle pour obtenir un billet, ici le petit chinois de mon hostel m'a booké mon voyage en minibus jusqu'à Krabi à 8 heures de route.
Mardi à midi, on est venu me chercher, puis après une heure à tourner en ville pour passer prendre les autres passagers (plusieurs se rendant en pélerinage sur, direction la Thaïlande. Peu avant la frontière, il faut faire un arrêt (une sorte de station duty-free – restaurant) pour qu'un bureau pour l'immigration vous imprime votre carte d'entrée et de sortie. Puis, à quelques kms de là, passage par la douane malaisienne. Enfin, à nouveau à quelques kms, voici la Thaïlande. Je ne savais pas, si je devais m'attendre à un contrôle à l'américaine ou plus simple à l'australienne. En fait le douanier grand sourire et après la photo webcam, et que je t'appose je ne sais pas combien de timbres, agrafe des feuilles et me dise : Welcome to Thaïland !
A une heure de route, il faut changer de minibus à "Hat Yai" (stop obligatoire entre les deux pays) pour aller sur Krabi. C'est coincé à côté de deux anglais, sur des sièges prévus pour des tailles plus locales, qu'en 4 heures et une vitesse bien au-delà de l'autorisé que je suis arrivé sur Krabi.
Premières réelles impressions de la Thaïlande? Passé la frontière, on remarque surtout qu'ici même sur le côté de l'autoroute, il y a des vendeurs, des stands pour manger, qu'on traverse des villes un peu bordélique, que les tours futuristes ont disparu, et surtout que leur alphabet est incompréhensible et leur anglais tout autant. ;-)
Débarqué sur Krabi (une tranquille ville pour backpackers), j'ai vite booké mon billet pour le lendemain sur Koh Phi Phi.
Je suis arrivé hier à midi après deux heures de bateau, accompagné de 100 autres backpackers (mais tous à la peau « encore » très blanche – des nouveaux venus ? ), sur Koh Phi Phi que vous connaissez tous depuis le tsunami de décembre 2004.
C'est en arrivant ici et surtout en allant sur la plage que tout d'un coup, je me suis réconcilié avec mon voyage. Oui et pourquoi ? La suite sur le prochain message! :-)
Bye


