Nous sommes mardi, à Melbourne, mais en fait, vu que je ne disposais pas toujours (presque jamais) d'internet, j'ai été obligé de publier avec quelques jours de retard. J'en étais resté au Lake St-Clair et ses opossums envahissants, vendredi 30 janvier au soir....
Pour vous retrouvez entre les divers lieux, voici une carte avec le tracé de notre parcours.
Sur la droite, vous voyez une carte provenant de maps.google. En agrandissant le plan, vous aurez les lieux et les dates avec précision.
Un dernier détail sur ce lieu, ce sont les étoiles. Des millions, la Voie Lactée telle une traînée blanche dans le ciel. Malgré toutes les petites bêtes nous entourant, nous sommes partis dans le noir à la recherche d'un point de vue pour enfin voir la Croix du Sud. Pour ceux qui l'ignorent, ici c'est elle qui sert pour indiquer le..... sud. Elle est également présente sur les drapeaux de l'Australie et de la NZ. Malgré mes connaissances du ciel austral, pas moyen de la trouver au milieu de toutes les autres. Laurent quant à lui voyait une casserole comme chez nous ;-) Sans succès, mais content de notre balade nocturne à la lueur des étoiles, nous sommes rentrés dormir.
Samedi matin, impossible de faire la grasse matinée. Après les shfhsdrhr et bong bong bong, voilà les croa croa et autres oiseaux en guise de réveil.
Le Lake St-Clair dans les lueurs du matin a quelque chose de magique. Le calme qui y règne ne donne envie que d'une chose, de se poser sur le rivage et de regarder les montagnes au loin.
Enfin, après ce moment de calme matinal, nous avons pris la direction du Southwest National Park. Ce parc est très isolé, loin des circuits. Une seule route le traverse dans sa partie nord, mais le reste n'est accessible que par avion ou alors par la côte en bateau. Plusieurs tracks permettent de le traverser, mais il s'agit de marches de 6 à 10 jours et uniquement pour des personnes très expérimentées. Pour notre part, nous nous sommes dirigés vers le parc via la Highway et après par une petite route sinueuse de la Florentine Valley.
Les françaises du Lake St-Clair nous avaient conseillé un hostel tenu par un mec du prénom de John sur la route du parc. En nous arrêtant sur la route, il nous a accueilli dans sa maison qui semblait à moitié finie ou alors abandonnée par une ancienne famille, lui resté seul et l'utilisant pour recevoir des voyageurs. Nous découvririons plus tard que nous avions tout faux.
En prenant cette route nous avons du traverser une manifestation anti-déforestation. En effet, malgré les 41% du territoire protégé, le reste est soit déjà déboisé, soit utilisé pour des mines. En ce qui concerne les forêts, celles-ci sont brûlées avec l'argument de les régénérer ainsi. Le bois est bien sûr récupéré par la Forestry Tasmania. Derrière ses arguments soit-disant écologiques, ce sont des forêts vierges qui partent en fumée. Nous avions déjà traversé de pareilles régions, et la vision lunaire qui s'est offerte à chaque fois, nous a fendu le coeur.
Pour préciser, il existe trois catégories de forêts, la A, B et C. La A est totalement protégée, donc en fait ce qui correspond aux divers parcs naturels. La B permet l'exploitation minière et le déboisement sous certaines conditions. Ces conditions peuvent être, d'un coup de crayon, être supprimées ainsi que la forêt indiquée sur le papier. La C peut être exploitée pour les mines et le bois sans restrictions particulières. La B est celle qui joue d'hypocrisie, car la Forestry Tasmania fait disparaître des hectares entières sans trop de remords.
Certaines n'ont été sauvées que par l'intervention de groupes écolos qui ont alerté l'opinion publique, sur ces coupes ravageant des zones considérées comme unique au monde.
Toute la fibre écologique chez Laurent et moi en a prit un sacré coup. Car, s'imaginer ne plus pouvoir admirer même au loin ces étendues vertes, nous sembla tout simplement ne pas être concevable.
Au fond de la Florentine Valley, vous pouvez prendre un chemin en terre qui vous mêne jusqu'à un lookout permettant d'admirer la lac Pedder et toutes les montagnes avoisinantes à 360°
J'aime bien cette photo prise par Laurent sur notre lookout face au lac Pedder
De retour, nous avons encore fait un petit track pour admirer le Mont Solitaire et le lac.
Et un des barrages qui fait partie du complexe Gordon – Pedder-. Ce dernier lac a vu sa surface multipliée et actuellement, elle correspond à 23 fois la baie de Sydney. Certains parlent de recréer la zone d'avant le barrage, car la végétation pourrait « rapidement » reprendre possession des lieux.
D'ici là, il faut « admirer » ce barrage et actuellement la Tasmanie, comme bien des régions d'Australie, souffre de sécheresse, alors le niveau baisse. Admirez.
Après le repas du soir, de retour à notre hostel, nous avons vite fait la connaissance de deux australiennes et par la suite d'un allemand, d'une japonaise et d'une chinoise de Honk-Kong. Ce dernier trio s'est connu à Hobart à l'auberge et a décidé de partir à la découverte de l'ile aussi simplement que de dire « bonjour ». Encore un exemple que l'aventure ne connaît pas de frontières.
John nous a expliqué dans un état assez remonté toute cette hypocrisie autour des forêts de l'Ile ainsi que de ces groupes hippies qui protestaient sur la route. Ce groupe bloque l'accès aux coupes depuis trois semaines; dormant dans les arbres, enfants y compris. D'après un article dans le journal, ceux-ci sont prêts à rester jusqu'aux dernières limites sur place pour alerter l'opinion. Le problème, c'est que ce groupe n'atteint pas la crédibilité suffisante. Tout simplement, car il donne l'impression de faire cela uniquement pour une sorte de Life Style, mais pas vraiment pour une fibre écologique véritable. Même John à leurs yeux passe presque pour un facho, alors que lui est un vrai activiste d'avant l'heure. Il est venu s'installer depuis le continent pour faire découvrir cette région loin des circuits organisés.
John nous a gentiment offert des bières et mis de la musique ambiance, de quoi passer une soirée relax. De toute manière dans ce hameau Fitzgerald de 10 habitants, pas trop autre chose à faire en effet.
Ce soir là, grâce à une australienne, j'ai pu retrouver la Croix du Sud, une photo ne fut malheureusement pas possible, dans la mesure où mon appareil n'est pas (encore) prévu pour cela..
Dimanche matin débuta un peu comme un dimanche à la maison, chacun se levant au fur et à mesure, chacun son petit-dej ou douche, tout le monde bien relax, sans stress... Un vrai dimanche quoi!
Nous sommes partis par la suite sur la route du Stix, oui vous connaissez sûrement ce nom de la mythologie grec. Dans ce cas, il s'agit d'une rivière qui traverse les domaines appartenant à la Forestry Tasmania. Un lot a été préservé nommé la « Big Tree Reserve ». Nous disposions d'un petit fascicule présentant l'histoire de cette réserve, des problèmes encore existants et sinon les divers tracks possibles, entre autre le Tolkien Track :-).
La route (en terre) traverse des endroit parfois désolés, principalement la veine tracée pour laisser place aux pilonnes à haut tension.
La Big Tree Reserve ressemble à un semblant de zone protégée, avec une sorte de tracé en boucle qui longe ces Big Tree. En fait, ces eucalyptus sont considérés comme les plus hauts arbres à fleurs au monde. Les seuls autres aussi grands sont ceux du Séquoia Park en Californie
Pour faire le Tolkien Track, nous avons du galérer pour trouver l'entrée.
Nous nous sommes arrêtés vers ce qui ressemblait à un début de chemin au milieu des broussailles et des arbres. En effet, une piste avait été tracée, nous menant à travers la forêt. Nous avons enfin trouvé le Tolkien Track qui nous permit d'admirer ces arbres gigantesques. L'un d'eux, Gandalf, 86 mètres de hauteur, en est le gardien. Ce chemin nous a particulièrement plu, car nous avons pu nous retrouver à traverser la forêt, sans réel chemin à disposition. Seuls des petits rubans roses indiquaient de ci de là la route à prendre.
Après presque une heure à jouer les Indiana Jones, nous avons débouché sur la route, là où nous aurions dû débuter. En guise d'entrée, 3 minis rubans..... logique de passer devant sans les voir.
De retour sur la route goudronnée, j'ai eu franchement un plaisir immense à me dire, « tu as encore pu voir un peu de cette forêt native, pas trop abîmée et surtout ou carrément avant tout, loin des circuits organisés. »
Je ne voudrais pas voir débarquer des cars de touristes japonais, armés de leurs appareils photos et marchant entre les arbres sur des planches en bois, barrière à l'appui et va savoir quoi d'autre. Je préfère que cette vallée reste loin des sentiers battus, qu'elle soit difficile d'accès si nécessaire et que le Tolkien Track reste caché aux regards.
Et en tant que dernière balade, le Mont Field National Park (Russell Falls) et le Tall Tree Walk
Un bébé wallabi que nous avons réussi à observer avec un peu plus de calme
Dimanche soir, rentrés sur Hobart nous sommes allés au Pickled Frog, une auberge bien sympa et bien aménagée, mais oh mon dieu.. infestée de francophones ;-) et d'un tessinois.. Avec nous deux, les trois régions étaient représentées.
Sur la route de Hobart
Le soir, bien sur, match Federer – Nadal et à la fin du match, comme toute l'assistance (plus de 20 personnes) était pour Roger et bien ce fut un peu tous tirant la gueule que nous sommes montés dormir. Dommage.
Lundi, dernier jour de visite de la Tasmanie. Notre but était Bruny Island.. et bien de l'ile nous n'aurons pas vu grand chose à par la route. Tout allait pour le mieux jusqu'à environ 5 kms de notre destination, lorsque on entend un bruit bizarre sur la roue avant... Je descends.. et bien, notre voiture après 9 jours de bons et loyaux services sur plus de 2500 kms.. on avait crevé. Avec Laurent ce fut du genre: "Tu sais changer une roue ? Ou plutôt, tu as déjà changé une roue tout court.. Heu... non..." Bon, manuel en main, on prend les outils, mais juste là un couple de « vieux » australiens s'arrête et nous propose gentiment de nous aider. Pour finir ce n'est pas si difficile, mais en cas de problèmes, je ne sais pas trop comment nous aurions fait. Sur une route perdue au bout de l'île, sans réseau pour nos portables avec comme seules habitants des cignes, des oppossums et wallaby...
Comme nous devions rouler avec la roue de secours et que nous nous trouvions à plus de 70 kms de Hobart, nous avons préféré prendre le chemin de retour. Cela nous aura prit presque 3 heures au lieu des 1h30 à l'aller. Nous avions téléphoné à la location de voiture, et je ne sais pas par quel miracle, j'avais réservé une voiture avec l'assurance Premium (j'ignorais en fait), qui nous couvrait sans franchise en cas de problèmes.. Donc, au final en passant par l'agence à Hobart, le mec nous a juste dit. « Oh, si la roue crevée est dans la voiture, vous pouvez directement allez déposer la voiture comme prévu à l'aéroport demain ». Et nous avons eu la confirmation que nous n'aurions rien à payer.. A Laurent j'ai dit, « tu vois, ma bonne étoile nous a protégé! ».
Rassurés nous avons pu rentrer à l'auberge pour notre dernière soirée à Hobart.
La soirée fut surtout vouée à mettre nos blogs à jour, boire quelques bières devant l'écran géant et de passer une dernière nuit dans cette Tasmanie, qui nous aura tellement plu.
Ce matin, nous avons pris l'avion sur Melbourne - mon dieu la foule !
La suite, et bien dans quelques jours ! :-)
Salut
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