Avant de relater mes derniers jours de transhumance, voilà le récit de la dernière soirée à Christchurch, jeudi 12 février.
Dans mon dernier logis communautaire, j'eu le plaisir de faire la connaissance d'une fille d'Israël, une jeune fille toute menue, mais ayant déjà connue la guerre, la peur, les bombes, à 21 ans à peine. Elle et d'autres enfants d'Israël, en tout 11 compagnons, tous arrivés ici à la recherche d'évasion, connus au hasard des routes, partageaient le verre de l'amitié au centre XBASE Backpackers de Christchurch. Elle me fit faire la connaissance d'une fille du pays de l'Edelweiss, du Gruyère salé et du Ragusa. Cette fille, Allison, encore à peine sortie du cocon familial à 19 ans, parcourait Down Under. Nous découvrîmes que nous avions une destination similaire, mais que nous aurions des chemins différents et qui ne nous y mèneraient pas au même rythme.
Ce léger contretemps ne nous empêcha pas de nous dire, à demain et retrouvons-nous au bord de l'Océan et parcourons la lande jusqu'à la colonie des Loups de Mer de Kaikoura!
Ce soir là, j'eu encore à retrouver un compagnon de route, messire Laurent, qui venait d'arriver en ville, bien tard, lorsque tous sont couchés et que seuls quelques rares intrépides osent encore sortir dans la nuit menaçante. Nous partageâmes un dernier verre avant de rejoindre nos couches respectives. Nous sommes restés sur la possibilité de nous rencontrer quelque part dans le grand sud, au pied des monts enneigées des Alpes.
Vendredi matin, après une nuit trop courte, que j'ai a peine vu passer, je suis allé au point de rendez-vous du Kiwi Experience, à 7h30 déjà. Le car vert, visible à des lieux à la ronde, nous prit en charge bien vite et pris la route du nord, soufflée par le vent, sous une pluie battante, et un froid insoutenable pour la saison (12 degrés).
Kaikoura notre première halte, s'avéra terne sous les nuages. L'océan telle une masse sombre donnant l'impression de vouloir avaler le village. Kiwi Ex nous fit l'honneur de pouvoir voir les Loups de Mer, calmement installés à se reposer sur des pierres, totalement insensible au vagues et au froid.
Kaikoura beach
Allison, qui était parvenue en ce lieu peu après moi, me retrouva au centre du village. Le froid et le vent persistant ne nous permirent que d'admirer les maisons avoisinantes, une boisson chaude à la main. Nous avions constaté que nous nous trouvions dans une situation similaire quant à notre route nous menant vers le sud. Nos plans de route ne concordaient pas et nos dates non plus. Mais oh miracle, l'hameau de Franz Josef devrait le permettre. Pour ce faire, nous devions nous assurer, dès le lendemain, que les haltes intermédiaires soient respectées dans les temps. Pour ma part, j'ignorais si cela fut possible, n'ayant pas pu lire la carte remise au départ. Celle-ci mentionnait des arrêts fixes et des arrêts alternatifs, mais aucune indication sur les horaires de départ, ni sur les possibilités de logis.
A propos du logis. En montant ce matin là, je découvris que celui-ci serait organisé pour Kaikoura. Comme je n'avais pas reçu cette information de façon claire le jour d'avant, j'avais organisé le mien à l'avance. Je découvris que j'aurais pu m'éviter cette peine et surtout de me retrouver dans une pièce minuscule avec deux autres personnes, dans une maison qui ressemblait à une retraite pour moines (l'heure de rejoindre sa couche et de faire SILENCE étant signifié bien trop tôt pour moi). Un petit avantage malgré tout: une cuisine impeccable!
Après une longue journée à vaguer sur l'unique ruelle du hameau, nous nous séparâmes, nous promettant de garder le contact.
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Retour à un langage plus normal:
Vendredi 20, je suis à Wanaka, dernier arrêt avant Queenstown. De la semaine en elle-même j'ai peu et beaucoup à raconter. Pour essayer de faire court (donc pas trop top long) et bien voilà.
Jusqu'à il y a environ deux jours, pour ce qui est des paysages, j'ai surtout et beaucoup eu l'impression d'être en........ Suisse!! Et oui, des montagnes, des lacs, des sapins, beaucoup de vaches, des moutons également, des maisons qui ressemblent à des chalets d'alpage. En somme, rien de bien impressionnant. C'est en prenant la route du Sud depuis Nelson et surtout depuis avoir dépassé Manahipua que j'ai retrouvé le sentiment d'évasion qui me manquait les premiers jours. La côte est au nord de Christchurch très sèche, des plaines à perte de vue et de montagnes recouvertes de forêts replantées par l'homme.. ce qui donne des sapins plantés en lignes...
Quelques vues de Nelson
Nelson est une petite ville sur la mer de Tasmanie, point de départ pour la péninsule et ses plages de rêve. C'est aussi un lieu "réputé" pour sa vie nocturne. En effet, une rue, quelques pubs et clubs, tous envahis par les backpackers.
Et le centre de la NZ. Depuis ici, nous sommes à 1500 kms vers le nord et le sud, 100 vers l'ouest et l'est des lieux les plus éloignés de la NZ.
Depuis que nous sommes face à l'océan sur la côte ouest, la végétation a changé et c'est de la Rainforest sur des kilomètres avec sur la droite les vagues et à gauche la montagne.
Du temps aussi. Kaikoura est connue pour ses baleines, loups de mer, dauphins et pingouins, mais avec la pluie, le vent et le froid, toutes les activités ont été annulées. Sinon un ou deux jours beaux, et depuis hier c'est le déluge...
J'ai et je vais mentionner des endroits qui ne vous disent rien, mais si vous cliquez sur la carte Maps.google du blog, vous verrez apparaître les petits signes bleus et les dates. Lorsque j'aurai un peu de temps, je mettrai un carte comme pour la Tasmanie (oui Nath je m'applique ;-) )
Wanaka, là où je suis, est le départ pour toute une série d'activités depuis le Skydive (saut depuis un avion à 15000 pieds), en passant par des activités plus calmes comme la marche de plusieurs jours par le parc. C'est un hameau au bord d'un lac... 4 rues sur 4, un Subway (take away), plusieurs bancomats, en somme presque une city si on s'en tient à la taille des villes en NZ. J'ai pris un lit à la YHA.. un groupe de maisons entourées de végétations. Une ambiance familiale à la cuisine. Un calme presque bienvenu après les derniers jours ;-)
Sinon, il faut surtout que je vous parle de Kiwi Experience (Kiwi).
Je voudrais parfois étrangler celle qui m'a vendu ce forfait. Elle l'a présenté comme une alternative simple et sympa de visiter les deux îles en organisant mon voyage au fur et à mesure. Ce qu'elle n'a pas bien précisé, c'est que ces forfaits sont vendus à tour de bras et qu'il est presque impossible de modifier son parcours, car les bus sont pleins à craquer. Il faut envoyer email sur email pour espérer recevoir une réponse de la centrale deux jours après (quant elle répond). Les chauffeurs ne font que leur programme et dès qu'on désire faire différent, et bien il faut se démerder..
Elle aurait aussi du me dire que ce tour était connu comme le Party Bus et que la TRES grande majorité des participants auraient entre 18 et 22 ans au maximum. Résultat, je me suis plus ou moins retrouvé dans un bus qui ressemblait à une colonie de vacances pour post-adolescents londoniens... J'adore... Bon, les deux premiers jours cela allait, on était une vingtaine dans le bus, mais après Nelson nous nous sommes retrouvés à 100, oui 100 personnes répartis sur deux bus!
Kiwi est malgré tout bien organisé et le logement est en effet garanti, si on prend le dortoir proposé chaque jour en début de route. Pour ce qui est des auberges, seule celle de Nelson m'a fait un peu peur, non pas que de dormir à 8 soit un problème, mais c'est surtout la cuisine !!!!! Jugez par vous même.On a pas eu d'autre solution que de cuisiner avec de la vaisselle plus ou moins propre dans une cuisine qui ressemblait à un champ de bataille. Des fois, on se demande si les gens se respectent eux-mêmes, à voir dans quel état ils laissent la cuisine pour les autres voire pour eux mêmes...
Ici, il ne faut pas avoir peur de la promiscuité ;-) (mon lit en haut au fond à droite).
Faire la vaisselle ? Mot inconnu ici
Ce fut ma première expérience à faire peur!!!!
Et des londoniens-irlandais-anglophones ?.. bein disons que dès Nelson, j'ai parfois eu vraiment de la peine. Langue oblige, tous se sont mis en groupe, ce qui veut dire dans notre bus bien à 30 voire 35.....
"Bein, bein mais Rodrigo, tu deviens intransigeant", allez-vous me dire ? Je ne sais pas si c'est l'âge ou le fait d'être ici pour autre chose que pour faire la fête qui peut parfois me poser problème... Je réalise que si j'étais avec un groupe d'amis, je serais surement dans un autre état d'esprit, mais là dans ce bus... j'étais bien content d'avoir mon Ipod pour m'isoler un peu et regarder le paysage défiler.
Mais, mais..... grâce à l'allemand, j'ai pu faire la connaissance de trois allemandes (1 et 2), donc à 4 on a pour deux jours fait le parcours ensemble, cuisine y comprise. Comme on parlait les 4 en allemand et parfois un peu fort, là c'est nous qu'on a regardé parfois bizarrement (chacun son tour ;-) ). Avec elles, on a constaté qu'il n'y avait aucune interaction avec les autres « mini-groupes ». Les anglais-anglophones restant ensembles (tiens un peu comme leur île ;-) ) et les quelques rares autres d'autres pays du notre.
J'ai essayé de changer mon parcours dès Nelson (pour aller sur la péninsule et ses plages de rêve), mais sans succès. Tous les bus étaient pleins et j'étais plus ou moins obligé de continuer jusqu'à Queenstown avec ce groupe. Je me suis dit...oups.. cela va être dur, surtout avec le groupe de 4 blondes du premier rang qui chantent dès le matin et qui semblent happy toute la journée... J'ai réellement eu l'impression de me retrouver presque 20 ans en arrière.
Sur la route de Westport depuis Nelson, ce beau lac à l'eau glacée
A tout cela après deux jours de voyage nous sommes arrivés à Mahinapua. Là, j'ai eu la confirmation que je pouvais enfin changer mon parcours, restant une nuit de plus à Franz Josef (3 au lieu de 2).
Sur place dans mon dortoir, j'ai fait la connaissance d'un couple d'anglais de mon bus, 21 et 23 ans. Ils sont en train de faire le même voyage que moi sur un an. En parlant avec eux, ils m'ont également dit que ce genre de voyage ne les correspondait pas vraiment. Si ils avaient su, ils auraient pris une autre option.. En somme, sur le moment, j'ai été soulagé de constater que je n'étais pas le seul de cette opinion. Chose étrange, ce package avait été vendu à un groupe de 4 « papys » dans les 60 ans et qui bien sûr semblaient un peu perdus au milieu de cette multitude qui aurait pu être, pour la plupart, leurs petits enfants.
Dans toutes ces critiques, un bon point quant même. Certains chauffeurs prennent le temps de vous expliquer la route, les lieux qu'on traverse et ce qui est intéressant de savoir... C'est déjà ça (et compris dans le billet au fait).
Sur la route de Manahipua, une falaise d'où on peut voir des loups de mers et de belles formations rocheuses.
La distance jusqu'à Zurich ? Regardez ci-dessous!
Le lac et la plage de Mahinapua Quelques vues du coucher du soleil : AWESOME!!!!
Le lac. L'eau est brune a cause des arbres (comme en Tasmanie).
L'hostel. Rien à des kilomètres. Pas de réseau, pas d'internet... Cela existe encore hahaha
D'abord le BBQ gigantesque, servi en un temps record aux 100 que nous étions, par le grand père du lieu (un vieux bonhomme à la barbe de père noêl et parlant un anglais bourru et incompréhensible). Des portions énormes, de quoi vous nourrir pour 2 jours.
Pendant la soirée, j'ai fait, par son intermédiaire, la connaissance de Valentina. Une suissesse !!! De Winterthur. Je vous dis par le plaisir que de l'entendre me parler suisse-allemand. J'avais oublié à quel point parfois des détails vous manquent (comme le PAIN, et la mayo au citron, et le thon de la Migros, et le jus d'orange, et du rösti, et du gruyère, et de la viande des grisons, et du chocolat, et du Ragusa, et des Avelines.... ok, c'est bon j'arrête)
Valentina, oui j'en étais à elle... Elle m'a parlé de son bus, où elle « vivait » plus ou moins la même Kiwi Experience (cela dépend des bus en fait), à la différence qu'il y avait un peu plus d'allemands et deux autres suissesses (une mère et sa fille). Elle m'a fait rire, car entre moi avec qui elle parlait suisse-allemand, parfois anglais avec d'autres, allemand avec un autre, cela tournait parfois à la confusion totale et donnait du suisse-allemand répondant à de l'anglais...
A un moment même, un fille est venue toute excitée vers nous, super contente car canadienne, mais de parents suisses. Elle le parlait donc aussi un peu. Très chou d'entendre du zurichois avec une touche d'accent anglais par derrière!!
Dans la salle du pub de l'hostel où nous étions, la soirée au thème « plage » a continué de plus belle, jusqu'à tard... Les déguisements étaient parfois très recherchés. Au moins les anglais savent s'y prendre. Mardi matin, réveil très très calme pour la plupart (j'ai entendu les derniers rentrer se coucher à 3heures) et en route encore et toujours vers le sud.
Ici les Opossums sont considérés comme une plaie, car ils détruisent la flore locale, tuent les poussins Kiwi. Il y en aurait 70 millions en NZ. Alors ici on les tue sans remords, voire on les mange...
Pour la suite du programme, c'est sur le prochain message. Après des débuts difficiles avec Kiwi, les derniers jours ont été sensiblement différents, mais il faudra encore attendre. (j'imagine que vous avez déjà eu de quoi lire ;-).
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