samedi 10 octobre 2009

Ho Chi Minh Ville - Saigon

Par nostalgie, j'utiliserai Saigon et aussi pour des raisons pratiques, c'est plus rapide à écrire (même si je suis une fusée sur mon clavier).

Alors voilà, lundi matin avec David l'irlandais direction Saigon.

Je présente David. Grand Reporteur à RFI, envoyé régulièrement en Afrique de l'Est pour couvrir les événements locaux, polyglotte (son français était quasi parfait!) et en voyage pendant un mois dans la région.

Ceci fait:
D'abord nous avons dû faire le détour par Phnom Penh. J'avais essayé d'obtenir un trajet en longeant la côte, mais à la guesthouse on me dit oui et après on me dit non.. bof.. ok. Alors départ 7h15. A cette heure, il est impressionnant de voir toute la ville réveillée et vaquer à ses occupations comme chez nous à 10h. Tout le monde est dehors en train de prendre le petit-déjeuner ou en train de faire son marché et les enfants sont déjà en classe ...

A 11h30 on arrive sur la capitale. On a eu droit à deux heures d'attente avant d'embarquer dans le bus international. Cette fois-ci, celui-ci n'était pas plein à craquer. Après quelques haltes et une traversée du Mékong en ferry, nous voici à la frontière vers 17h30. Pour une fois, j'ai été content qu'on prenne les choses en main. En fait, le steward avait tous les passeports et lorsque nous sommes passés par le guichet cambodgien, ceux-ci étaient déjà tous tamponnés. Après, sous un déluge (c'était juste la mousson et pas le typhon), nous arrivons devant le bâtiment de la douane vietnamienne à 500 mètres de là. Il faut ici prendre tous les sacs pour les faire scanner (comme en Thaïlande). A nouveau, peu d'attente car le douanier a traité nos passeports en groupe. Résultat, en 10 minutes nous avions passé les différents contrôles.

Pour ce qui est de la H1N1, nous avions dû remplir une fiche dans le bus que le steward a aussi donné en bloc à la douane.
Pour ceux qui voudraient savoir le genre de questions :

Avez-vous eu dans les deux dernières semaines ?

- plus de 38 de fièvre
- de la toux
- mal à la tête
- de la diarrhée
- des douleurs musculaires
- des douleurs au ventre
- mal au dos (?)
- la peau jaune (?)

Vous pouvez bien évidement savoir qu'on répond non, même si comme tout bon touriste, on n'échappe pas à la tourista et aux coliques...

Pour finir, deux heures après nous sommes arrivés sur Saigon. Déjà dans le bus l'impression d'arriver dans une ville MODERNE, propre, aux millions de magasins, de lumières partout et surtout à une marée de motorbikes!

Nous nous sommes fait approcher par un mec qui nous a proposé sa guesthouse "Mai". Celle-ci était située dans une ruelle qui m'a fait penser à l'Italie, du genre dans les quartiers populaires de Rome. Là, les locaux vivent dans la rue, mangent, se lavent, dorment, font la causette, se font coiffer etc...


Juste à la fin de notre ruelle, la rue des touristes mais qui est loin de ressembler à Khao San ou Phuket. Il y a bien les inévitables "taxi-motorbikes" et les vendeuses de livres (copiés) et autres articles. Ces vendeuses sont toutes avec un gosse à la main, alors bien sûr on se ramollit et on finit par craquer pour le badminton à pied (je vous ferai la démonstration de retour) ou alors pour quelques livres. Comme nous sommes en ex-colonie française, il est facile d'en trouver en français et pour ma part, j'ai craqué pour des classiques comme "L'amant" (que j'ai déjà re-dévoré) ou alors "Histoire d'Angkor" au prix de 2 à 3 USD par bouquin :-)

Crazy chillout ???


De notre guesthouse, une petite maison coincée entre les autres avec toute la famille, grand-mère, fils, belle-fille et petite-fille dans la même chambre. La petite, de quelques mois à peine faisaient ses dents et la pauvre la dernière nuit pleurait à vous fendre le cœur. David avait heureusement une pommade calmante qu'on pouvait administrer aux bébés et docteur Rodrigo a vite fait de la lui passer sur les gencives. La petite a vite cessé de pleurer et m'a même remercié avec un grand bisou sonore :-) Les parents étaient aussi tout content de voir qu'on avait réussi le miracle de la calmer. Pour ma part, j'ai presque eu de la peine pour ces gens qui ne savent pas comment soigner ces petits maux par simple méconnaissance des traitements éventuels.

Des visites, à nouveau on est passé par plusieurs sentiments.
D'une part la ville et son Palais de la Réunification, d'autre part par son musée sur la guerre du Vietnam et les horribles photos des gens touchées au Napalm ou alors des enfants souffrant des conséquences de l'agent orange (nés déformés, sans bras ni jambes, maladies de la peau, etc... ). Cette fois-ci je vous fais grâce des images. J'ai vraiment pas pu en prendre tellement cela me soulevait le cœur!

Saigon
La ville a perdu pratiquement tout ce qui pourrait rappeler l'époque coloniale à l'exception notable de sa Cathédral Notre Dame de Saigon, sa Poste centrale et son Hôtel de Ville (j'ai pas les photos c'est David qui les a). L'ancien quartier colonial est maintenant entre les mains des Hotel Intercontinental, Marriot, Le Méridien et autres qui ont tous construit des tours gigantesques en plein centre ville...

Pour le reste, et bien on est loin du pays socialiste. Il faut vraiment voir les drapeaux rouges avec une étoile jaune au milieu pour s'en souvenir. Une nouvelle contradiction du système. La vie politique est encore aux mains du parti communiste, mais, l'économie est ultra-libérale.... Le pays est une sorte de Chine en miniature. D'après ce que j'ai lu, ce paradoxe dérange les vietnamiens, car comment comprendre qu'on puisse vivre dans une économie de marché tout en étant dirigé par une clique conservatrice communiste ? On verra d'ici quelques années et espérons que le multipartisme aura un jour sa place.
La rue des touristes backpackers, pas tellement pour finir

Le café vietnamien, il faut attendre parfois très longtemps avoir d'avoir la bonne dose.

Admirez le câblage et là c'est gentil.. ya même des t-shirt avec écrit "Saigon Online" et en arrière plan un nuage de câbles.


Ça c'est pour Nathalie aux Amériques



Les immeubles sont très fins, à croire qu'on les construit sur l'emplacement exact d'une ancienne maison.



La terrasse tout en haut je veux bien


Et là, la marque de Saigon: les MOTORBIKES. Admirez et là ya pas le mouvement... pour traverser, il faut simplement s'engager sur la rue et marcher très lentement, les motorbikes vous évitent comme par miracle.

Départ


Trottoir ? Kesako ?





Voilà comment traverser


C'est juste la sortie des classes et les parents qui attendent


Alors le vietnamien cela ressemble à quoi ? On dirait notre alphabet, mais il existe quelques lettres particulières, et question prononciation cela n'a pas grand chose à voir avec le notre, sans compter qu'il existe ici aussi 6 tons. Bonne chance pour prononcer correctement.

Le vietnamien se veut une langue monosyllabique, c'est pour cela que Vietnam s'écrit Viet Nam et que Genève donnerait quelque chose comme Ge Nèv...


Le palais de la réunification anciennement palais de l'indépendance. Le premier palais a été bombardé vers 1960 et fut reconstruit dans ce "magnifique" style. Pas communiste, car le gouvernement de l'époque était pro-USA.

On donne son cours d'histoire de ce pays qui est encore plus compliquée que celle du Cambodge. Pour faire bref. En 1945 le pays déclare son indépendance mais la France refuse. S'ensuit une guerre qui va durer jusqu'en 1954, année des accords de Genève. Le pays par contre est divisé en deux avec un pays communiste au nord et un pays pro-USA au sud. A la suite du refus du sud d'organiser des élections en 1956, le réseaux Viet Minh se réactive. De 1958 à 1975 c'est la guerre du Vietnam. Le sud se fait aider par les USA, cette partie est bien connue. En 1973, les américains finissent enfin par se retirer du pays. Le 30 avril 1975 Saigon tombe, c'est la fin de la guerre. Une année après, le pays est officiellement réunifié. Des purges s'ensuivent ainsi que le départ de milliers de boat people.

La façade de l'immeuble est construite de telle manière de représenter au moins 6 caractères chinois.. Étrange lorsque je lis que le pays a toujours voulu garder son indépendance et particulièrement de la Chine qui domina le pays pendant presque 1000 ans... Sûrement des restes de l'époque où le pays utilisait ces caractères avant de passer à l'actuel alphabet vers les années 40.
Le palais a miraculeusement échappé aux destructions. De nos jours c'est un musée, mais qui est parfois utilisé pour des commémorations, comme celles pour fêter la "Libération de Saigon" et la glorieuse réunification du pays... bla bla..

Notre copain Ho Chi Minh (mort en 1969)


Au sous-sol on peut visiter le bunker avec les différentes salles, entre communication, conseil de guerre, chambre du président, etc....


Le Laos et oui. Il y avait aussi des combats dans le pays ainsi qu'au Cambodge avec la fameuse piste Ho Chi Minh.




Sur ces tableaux très propagande communiste, on parle de l'occupation française, de la glorieuse armée de libération révolutionnaire, des traitres du sud, de la joie de la population du sud au moment d'être "libérée" par le nord, etc.. etc... On a même vu un film en français de 45 minutes où chaque phrase était ponctuée de "libération", "glorieuse armée", "joie immense", merveilleux avenir", "grand frère Ho", "impérialisme américain", "cuisante défaite", "honteuse attaque"...etc... D'un point de vu historique, cela met un peu plus au clair, mais sinon pour ce qui est de l'impartialité, c'est encore loin du compte. J'ai eu l'impression de voir un film de propagande de l'ex-URSS...


"L'héliport que le vaillant soldat "...." bombarda, empêchant l'armée sous domination impérialiste de l'utiliser."

Un tank qui pénétra dans l'enceinte du palais le 30 avril 1975

Cathédral Notre Dame de Saigon

Sainte Marie Mère de Dieu... bla bla... Aaaaaamen.


La poste centrale



C'est depuis ici, sous les yeux du grand frère Ho, que je me suis enfin décidé d'envoyer en Suisse tout ce qui ne me servira plus d'ici mon départ. Au passage, la poste travaille très bien et surtout est très moderne; dans nos standards :-) J'espère que mon colis arrivera d'ici Noël vu qu'il est parti par bateau.
Pour m'y rendre et bien j'ai utilisé le moyen de locomotion local.... le motorbike. Il faut avoir le cœur solide, car le conducteur sans un regard à droite ou à gauche dépassait et prenait les virages comme s'il était seul sur la route. A l'aller je me suis dit, "non je rentre en taxi", mais en fait je me suis retrouvé dans l'impossibilité de prononcer correctement mon quartier et je n'avais pas de plan de la ville sur moi - je sais... . En désespoir de cause je suis passé dans un Coffee Beans et là miracle, ils avaient un plan et à un conducteur de motorbike, ils ont pu lui expliquer ma destination. Le retour fut bien plus tranquille, même si prendre des giratoires en même temps que 1000 autres peut vous faire battre le cœur à 200 ;-)

Sinon, le musée de la guerre. Je me limite à cette photo d'un avion américain. Comme mentionné, dans le musée en dehors des images habituelles de la guerre, de la propagande etc... on a trois salles recouvertes d'images d'enfants et d'adultes soit morts, soit brûlés, déformés, amputés, malades, etc.....

Le mercredi on s'est décidé pour un tour dans le delta du Mékong. D'après tous les guides, même les plus sérieux c'est soit-disant un must.. mouais.. faut voir le genre de must. Au lieu d'un petit groupe comme nous l'espérions, nous nous sommes retrouvés à trente dans un bus avec une sorte d'animateur genre Club Med qui passait son temps à faire des blagues plates, à rigoler tout seul et nous devions bien sûr rigoler et faire "yeaah"...

Du tour, on a bien dû le suivre, pas d'autre moyen pour être sûr de revenir sur Saigon (à deux heures de route).
Arrivé au débarcadère, dans un grand bateau nous avons traversé le Mékong pour nous rendre sur une première île où on a fait un stop dans une fabrique de caramel à la noix de coco.

On transforme la noix en petits morceaux.

On mélange avec 20% de sucre

Puis on coupe la pâte en petits carrés

Et on emballe dans du papier de riz.

Puis on a prit un bateau plus petit pour naviguer dans ces canaux


Au retour, on embarque à nouveau sur le bateau principal pour se rendre sur une autre île, où nous avons fait une "balade" à vélo. Bon du genre 15 minutes, le temps de s'arrêter devant une maison tenue par une petite vieille de 79 ans, qui a dû nous expliquer son miracle pour sembler aussi jeune aussi âgée.. Je me suis abstenu de prendre une photo de cette mascarade pseudo "ethno".




Puis après le lunch, où le menu était au porc.. super.. on nous fait embarquer sur des pirogues pour nous rendre au centre d'une île. Là, ce qui nous a tous dérangé, c'est qu'à chaque fois qu'une pirogue passait, on nous sortait "money money".. quitte à nous montrer un billet. C'est là qu'on a réalisé qu'en fait on nous demandait, ou plutôt voulait presque obliger, de donner quelque chose. On l'aurait volontiers fait, mais pas sous la contrainte.. Encore un clivage entre nos cultures...
Pour les occidentaux, on nous rappelle dans les guides et parfois sur des affiches (comme au Laos) quelles sont les règles minimales à respecter (ne pas toucher la tête, demander pour prendre une photo, enlever ses chaussures dans un temple). Il faudrait songer à un petit manuel pour les locaux pour qu'ils sachent comment faire avec nous (ne pas nous toucher pour demander quelque chose, ne pas nous assommer avec des massaches, tuck-tuck, canabis, accepter qu'un Non est un Non, etc..).


Dégustation fruit. Mouais..... de la banane, du pamplemousse, de l'ananas, de la papaye... et pas de Dragon Fruit ??? Heureusement qu'au stand j'ai pu assouvir mon envie. Au passage, voilà le fruit sur son arbre.

On a encore eu droit à des chants traditionnels et à une dégustation de thé au jasmin (qui ne connait pas) et du miel local, mais pas la gelée royale...

Voilà, avec David on était bien content de voir se finir cette journée qui ressemblait à une sortie Disneyland. C'est vraiment dommage que l'endroit soit devenu ainsi. On est loin des huttes construites le long des rivières au Laos. Ici, les gens vivent même dans des maisons en pierres et pas des petites je précise. Les chemins sont tous goudronnés et les antennes paraboliques se dressent dans chaque jardin, sans compter qu'il y a je ne sais combien de restaurants disséminés sur les îles que nous avons visitées... Question authenticité c'est raté à 300 %!!!!

Alors voilà, mercredi soir grâce à ma gentille guesthouse j'ai pu prendre un ticket pour le nord. Je ne pouvais pas faire dans les prolongations sur Saigon, même si j'avais commencé à apprécier le chaos causé par les motorbikes et ces millions de câbles suspendus au dessus de nos têtes.

Vu qu'il ne me reste plus grand chose avant de renter (le 23.10), je suis parti sur Nha Trang à 400 kms plus au nord le jeudi matin. J'ai pris un bus, mais j'ai vite réalisé que c'était une mauvaise idée. On est coincé pendant 10 heures entre la fenêtre et son voisin, on a des haltes toutes les deux heures et sinon et surtout, on prend parfois peur lorsqu'on voit le chauffeur dépasser alors qu'un bus ou camion arrive en face, le tout accompagné de milliers de coups de klaxon et qui finissent par vous mettre sur les nerfs. C'est pour cela qu'arrivé sur Nha Trang et trouvé une guesthouse, j'ai réservé un train sur Hué d'où j'écris (à 1000 kms au nord de Saigon).

Le voyage, qui fut pour ma part drôle et plus proche de cette Asie que j'aime, viendra sur le prochain post que je risque d'écrire depuis Hanoi où je devrais arriver lundi matin à .... 4h30 du matin...

Bye

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