Nous avions booké pour des questions pratiques un soi-disant bus VIP avec toilettes et lingettes pour faire Don Det - Siem Reap (Angkor) au Cambodge. Alors, si le mec qui organise les tours tombe entre mes mains, je sens qu'il va passer un mauvais quart d'heure....
Je pensais passer par la Thaïlande (via Pakse - Ubon - Surin), mais le voyage aurait prit plus ou moins 3 jours et surtout bien plus cher avec tous les transports extras nécessaires...
Du côté Laos - Cambodge, les bus publics s'arrêtent pour Don Det; pour passer au Cambodge jusqu'à la première ville il faut passer par les voyages "organisés" avant de pouvoir prendre un bus public. Alors comme on avait la possibilité d'arriver sans "changements" on a opté pour cette solution qui se devait facile....
PS: la carte google sur la droite est à jour jusqu'aux 4000 îles, vous pouvez donc pas vous perdre
On commence:
On nous a fait prendre le "ferry" à 8 heures, puis pendant bien 40 minutes on a attendu un premier minivan pour rejoindre la route principale, située à 3 kms. Là, à nouveau attendre 40 minutes (en regardant un Bollywood) pour monter dans un nouveau minivan pour faire les 5 kms jusqu'à la frontière.
Silvia m'a fait le plaisir de cette photo fashion...
Le chemin en question
Un mec (qui parlait très bien anglais et français) sans se présenter se met à parler de l'utilisation des feuilles des palmiers pour construire les maisons etc.. mais pas de la suite qui nous attendait.....
En arrivant à la frontière tout le monde descend pour les formalités... L'endroit est ouvert depuis peu et totalement isolé au milieu de la forêt à 100 kms de la ville la plus proche au sud et presque 200 au nord...
Du côté lao, même si nous étions un lundi à midi, on fait payer la taxe "over time", bon pas la mort. Puis on doit marcher 200 mètres jusqu'au contrôle sanitaire pour la grippe H1N1. Je commence à connaître le topo à force remplir des formulaires et me faire contrôler la température.
Le médecin qui ressemblait plutôt à un professeur a prit un thermomètre et avec le même coton imbibé de désinfectant nous a prit la température dans l'oreille. Alors à défaut d'avoir la grippe on risque de se passer des champignons ou autre... ;-)
Là, il nous redonne nos passeports mais en échange d'un dollar.. Ah tiens, et bien merci on avait pas demandé à être ausculté...
Passé ce "contrôle", le visa. On doit remplir une fiche, donner une adresse approximative au Cambodge et après s'acquitter du visa qui étonnamment n'est plus de 20 USD mais 23 USD. Sûrement une taxe "poste douanier éloigné et hors de contrôle"...
Après avoir enfin eu le visa sur le passeport, on passe au dernier check-point pour remplir la carte d'entrée en échange de ????? gagné un petit dollar...
C'est enfin là qu'on a pu se retrouver de l'autre côté de la barrière.
Heureusement qu'on savait que nous devrions payer ces "stamps fees" qui n'existent que dans ce genre de passage frontalier. On peut aussi le comprendre lorsqu'on sait que le salaire des douaniers est une misère et que la venue des touristes peut leur permettre d'arrondir les fins de mois. Donc, en dehors d'un ou deux qui ne le savaient pas, on avait tous préparé les dollars en suffisance. Pour Silvia et moi, nous avions pu faire le change de baths en USD juste avant de prendre le premier minivan.
Là où les choses ont commencé à tourner au vinaigre c'est lorsque le gars qui organisait le minivan nous sort que nous pouvons aller directement ce soir là sur Siem Reap, mais, en payant une taxe de 7,5 USD en plus.. et pourquoi ??? Il a commencé à nous sortir que ce serait plus pratique, que nous n'aurions pas à passer une nuit dans une ville sans intérêt etc.. etc... Silvia, Christoph (un allemand) et moi, nous nous voyions mal arriver va savoir quant de nuit sur Siem Reap, sans réservation etc... Tout ce que nous avions c'était l'adresse d'une guesthouse qui semblait bien et aux prix acceptables.
Au bout de la 5 fois qu'il essaye de nous faire choisir son option, Christoph lui sort "si on a décidé de ne pas choisir votre option, pourquoi insistez-vous pour la 5ème fois!". Là enfin, il a fermé sa gueule. Après on a bien cru qu'il l'a fait exprès, car on s'est mit à attendre dans un minivan surchauffé un chauffeur qui ne semblait pas presser de se bouger de sa table pour prendre le volant. A bout de nerfs, un canadien, du genre très grande gueule, va voir l'organisateur et lui dit: Ok, je prends le volant! et c'est ce qu'il fit, mais juste pour 200 mètres. Le coup fut suffisant pour voir arriver le chauffeur en courant et prendre le volant!
Au bout d'une heure, nous arrivons dans une ville du nom de Stoen Treng où on nous fait descendre pour le "lunch" dans un restaurant sordide où plusieurs mecs, presque à l'air louche attendaient sur la terrasse.
Nous bien, nous n'avions pas de riels (la monnaie au Cambodge) ou USD et pour changer ou trouver un ATM impossible dans ce patelin qu'il y a peu était la fin du chemin pour les touristes venus jusqu'ici. On a dû attendre une heure à souffrir de la chaleur pour enfin nous entendre dire que nous pouvons monter dans un autre minivan (arrivé 40 minutes avant) pour continuer le voyage. Et bien, pas trop tôt!!! Nous, nous avions un peu les nerfs, fatigués, faim et surtout chaud!
On est donc reparti vers 13h30 (sans l'organisateur du transport) direction sud et au bout de deux heures, nous arrivons sur Krati.
Une ville au bord du Mékong où enfin nous pouvons avoir le vrai lunch et surtout changer quelques baths en.... USD (monnaie officieuse du pays, mais en fait pas car les ATMs ne distribuent que cette monnaie)... Enfin, lorsqu'on demande au bout d'une heure au chauffeur combien il nous reste jusqu'à Kampong Cham (là où on devait dormir et changer à nouveau de minivan pour Siem Reap), il nous dit, "2 maybe 3 hours", alors nous "we go ?", "yes, yes".. Heureusement qu'on avait demandé sinon nous aurions tout aussi bien pu rester encore des heures à table... Sortis de la ville, la route est en terre, construite sur une sorte de digue qui sépare le fleuve des plantations de riz.
On traverse des dizaines de villages construits sur pilotis et où la vie semble s'être arrêtée il y a des siècles. A l'arrêt station service, le mec arrive à nous faire comprendre qu'en fait il n'est pas sûr que nous puissions avoir un bus le lendemain depuis Kampong Cham sur Siem Reap et que la seule solution c'est de changer le soir même de véhicule... Aaahhh, on commence à comprendre l'arnaque.. On vous dit que c'est bête de dormir en chemin et après on vous sort qu'en fait il n'y aura pas de transport.. futé.. et en plus le mec ne le dit pas directement, non il utilise son pauvre chauffeur.
Silvia a même dû parler au téléphone avec le mec qui lui a confirmé que le lendemain il ne pouvait nous assurer un bus.. et c'est maintenant qu'il le dit et pas lorsque nous étions à la frontière ????
Avec Silvia et Christoph on s'est décidé pour finir pour cette option. On ne voulait pas prendre le risque (éventuel) de devoir chercher le lendemain un bus pour nous y amener. Avec nous, viendrait aussi une mexicaine qui avait déjà opté pour cette option, mais en payant, ce à quoi nous nous refusions.
On a continué notre route de nuit, ne sachant pas vraiment dans quelle direction. On a essayé de suivre les panneaux mais au bout du deuxième embranchement qui indiquait Siem Reap, on a commencé à se poser la question, mais on va finir sur Phnom Penh ? Le chauffeur quant à lui ne semblait pas savoir où aurait lieu le rendez-vous avec notre prochain véhicule, mais à force d'arrêts et de téléphones nous arrivons enfin à un dernier embranchement et c'est là que nous découvrons qu'en lieu de minivan, c'est une voiture qui nous attend!!!
A tout cela il était déjà presque 20h, on avait à peine mangé, l'eau s'était finie.. le bonheur total....
Le chauffeur en question avait été mandaté par l'autre mec du minivan pour venir de Siem Reap et nous faire la course... Lorsqu'il s'est agit de parler argent, Silvia, avec un calme que j'admire, a pu lui faire comprendre qu'on peut vouloir se faire de l'argent, mais qu'il y a des choses à respecter au minimum, qu'il aurait tout de suite dû nous sortir cette histoire de bus le lendemain au lieu de nous sortir des conneries sur le fait de devoir passer la nuit dans une ville sans intérêt.... à la fin elle a conclu par : vous attitude vis-à-vis de nous n'est pas "fair". On lui a aussi sorti que ce genre de comportement, et bien de nos jours, il est facile de le faire savoir que ce soit par des forums ou en contactant ces guides du genre Routard et Lonely, qui, s'ils font bien leur travail, vérifient et indiquent dans leurs guides "attention ici à .... ". A plusieurs reprises ce genre d'avertissements m'a permis d'éviter de me faire embarquer dans un tuck-tuck "mandaté" ou de prendre une guesthouse ou compagnie de transport douteuse....
Jusqu'à présent à aucun d'entre nous cela n'était arrivé. Bon en fait, peut-être parce que nous avons prit dans la majorité des cas les bus publics...
Vous allez me dire c'est le tiers-monde... oui, mais si on pense que même au Laos, bien plus pauvre, ce genre de soucis n'arrivent pas.... alors...... Le Cambodge est connu pour être LE pays corrompu de la région et que la corruption dans l'histoire du pays l'a, à plusieurs reprises, mené au désastre économique et politique (cela continu de nos jours).
Pour finir, le gars n'a plus rien dit et à simplement conduit. On a pu ENFIN faire un vrai arrêt repas et à minuit on est arrivé sur Siem Reap!!!!! Le chauffeur ne nous a plus rien demandé pour le fric et est simplement parti.
Les tuck-tucks qui nous attendaient, à la différence d'ailleurs, pas le moins du monde agressifs, au contraire très gentils et les négociations se sont déroulées tout en douceur.
Nous sommes partis à deux par tuck-tuck pour une promenade presque romantique en direction de notre hôtel.
J'avais une référence et à cette heure-ci, on avait pas trop le choix. Nous sommes donc descendus au Golden Temple Villa. Déjà le nom annonce la couleur.
En me présentant à la réception pour expliquer pourquoi nous n'avions pas de réservation, j'ai sorti que depuis le Laos l'internet ne marchait pas bien et qu'en tentant de faire le booking cela avait raté (c'était faux) et que téléphoner avait été impossible (encore plus faux).
Après quelques minutes, le réceptionniste nous propose deux chambres à deux lits, mais pas n'importe lesquelles. Alors là, on est resté bouche bée devant elles. Les meilleures que j'ai bien pu avoir de tout mon voyage. Décorées avec goût, des lits à baldaquin, une tv, une salle de bains avec même des flip-flaps à l'intérieur, un brosse à dent de secours, des linges parfumés à la menthe, une BAIGNOIRE, enfin, le genre de confort qu'on a oublié depuis des lustres.....
Nous avons pu à 1 heure du matin, enfin obtenir de l'argent à un ATM et commencer à profiter de l'ambiance relax de cette ville (de 900'000 habitants malgré tout).
Pour la suite, vous devinez.. ANGKOR. Là, les amoureux des pierres, des civilisations disparues, des temples perdus dans la jungle, des bas-reliefs taillés amoureusement seront comblés. Les autres ... mmmmmh allez un petit effort ;-)
Bye.
3 commentaires:
Que d'aventures !!!
Je me réjouis d'avance pour le prochain article, qui je sais, va me combler !
Take Care Rodrigo :)
Je ne te souhaite vraiment pas ce genre de journée... rien de tel pour te donner une très mauvaise première impression du pays, mais après cette expérience on sait à quoi s'en tenir et on fera plus attention pour la suite.
Aaaaargh, te lire m'a mis sur les nerfs!! Pays du tiers-monde ou pas, c'est juste une question de respect.
Enfin bon, tu l'auras au moins méritée, ta chambre d'hôtel de luxe! Enjoy la suite!
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