Voilà en tout premier la carte de notre route dans l'ouest
En partant de Tanah Lot samedi matin, nous avions Pekutatan comme destination. Nous pensions y louer une moto et faire ainsi tout l'ouest de l'île et revenir par les montagnes. Le matin donc, nous sommes repartis vers le site où nous avons retrouvé notre ami policier du soir d'avant transformé en organisateur de transports. Le premier prix qu'il nous proposait pour y aller était de 350000 roupies (35 USD) avec chauffeur et voiture avec A/C. Nous nous comptions faire le trajet pour un prix plus balinais. Le problème, sur Tanah Lot, les seuls chauffeurs présents attendaient les touristes venus pour la journée voir le temple. Après 3 passages par le policier, nous avons obtenu un driver jusqu'à Kediri, où nous comptions prendre les bus locaux, dans un 4X4 au son hip hop à fond de quoi réjouir Vincent et moi me torturer. Heureusement juste pour 20 minutes. A Kediri le driver nous a laissé à l'arrêt des bus. Sur cette rue, les bus, vans et surtout motos, roulaient presque à tombeau ouvert, pétaradant et expulsant des nuages bleus-gris par le pot d'échappement.
Bien, sur, deux blancs qui attendent ça attire le regard, donc après 3 minibus qui nous offraient un trajet spécial à 350000, nous avons enfin eu le bus vert local qui lui nous a fait enfin un prix plus correct à 50000. Dans le bus, un allemand se trouvait déjà coincé contre la fenêtre, suant à grosses gouttes et surtout dénotant au milieu des balinais aux cheveux noirs. Je lui ai demandé pour les motos et il m'a dit qu'à 30000 sur Ubud c'était un prix abordable. Je lui ai aussi demandé si il n'avait pas trop de problèmes avec la police et lui il m'a dit, « il suffit de se fondre dans la foule en mettant une jaquette et un casque fermé, de quoi cacher sa peau blanche et surtout ses yeux bleus et ses cheveux genre « boucles d'or ». Notre trajet jusqu'à Pekutatan, dura 3 heures, en autre à cause d'un bouchon qui dura une heure, résultat d'un camion renversé sur la route. Vincent et moi, nous nous sommes retrouvés coincés à 26 dans un bus prévu pour 16. Autant le chauffeur que les passagers fumaient sans problème.
Là où Vincent et moi, on s'est un peu inquiété c'est lorsque nous sommes passés chercher de l'essence et qu'un passager fumait encore. Heureusement il l'a jeté juste à temps. Par contre, ici pas question de couper le moteur, on fait le plein malgré tout, on paye et on repart.
Le trajet en soit, pas trop difficile, juste très chaud et on va dire que les contacts humains sont inévitables. On a bien sûr à chaque fois été dévisagés un peu bizarrement. Je ne pense pas que c'est tous les jours que des touristes choisissent ce moyen de transport économique et un peu chaotique ;-)
A l'arrêt de Pekutatan, 20 paires yeux nous ont regardé aussi curieusement si vous vous trouviez face à des petits bonhommes verts.
Avec Vincent commença sous un soleil de plomb la recherche d'une chambre. Après presque 2 kms, enfin le mot béni, Homestay. Nous avons pu trouver une chambre dans une maison avec vue sur les rizières et la mer. Sur place, quelques couples de touristes. Les seuls rares par ici. Pekutatan est malgré tout connue pour ses plages aptes au surf.
De nuit, nous sommes allés dans le « downtown ». Passés au supermarket pour acheter quelque chose, la caissière m'a fait un sourire jusqu'aux oreilles et semblait presque troublée en m'encaissant. ;-)
Pour nous deux, le va et viens de motos et de voitures, qui ne cesse pas même de nuit, fut comme se trouver catapultés dans un monde inconnu. Nous étions là, mais en même temps cela nous semblait presque irréel. Je crois qu'il faut le voir pour comprendre notre sentiment.
Dimanche matin, opération scooter. Oui, c'est le moyen le plus pratique pour voyager sur Bali mais aussi le plus dangereux. A voir l'anarchie générale sur la route, on se dit parfois « ai-je fait mon testament »?
De nouveau commença le marchandage pour un prix acceptable. Bien sûr, on commence toujours par le prix touriste qui pour 4 jours s'élevait à 250000. Nous, nous voulions 160000 (prix moyen pratiqué normalement). On nous sortit qu'à Kuta, avec la concurrence, il était facile d'avoir un pareil prix, mais que sur Pekutatan c'était différent. Nous, ok, on va voir et on vous redit. En passant sur la rue principale, on demande, un mec vient en moto et rebelotte, 250000. Nous on dit, ok mais pour 200000. Le mec était prêt à nous la louer, mais là où on a décliné l'offre, c'est lorsqu'il nous a demandé de faire une copie du passeport. Si il y a bien quelque chose que je ne laisserai jamais copier, c'est bien lui!. En revenant à l'hôtel, on fait savoir à notre logeur que nous acceptons l'offre de son intermédiaire et qui apparaît au bout de 5 minutes ? Le même mec que tout à l'heure qui voulait la copie du passeport et son boss. Là les pourparlers furent plus rapides. Son boss accepta notre prix et revînt bien vite avec un scooter. Plus besoin de laisser une copie du passeport. Sa garantie était que nous laissions nos sacs en consigne pour les 4 jours. Nous avons juste prit mon petit sac à dos avec l'essentiel.
J'ai pris le volant pour la route. Alors, là, les premiers kms, on se sent tout sauf tranquille. Entre les voitures, camions, bus, motos, scooters qui vous dépassent, sans compter ceux qui dépassent dans l'autre sens et qui vous obligent à vous mettre le plus à gauche possible, et tout cela dans un boucan infernal de klaxon incessant. Nous, il a bien fallut apprendre à l'utiliser, question de survie entre que je dépasse le pépé en scooter, la famille au complet sur une moto, ou alors le paysan qui transporte une montagne de je sais pas quoi de vert à l'arrière et qui occupe la moitié de la voie.
Nous avons fait halte au temple de Rambu Sawi. Le guide, un prêtre je suppose, nous a fait découvrir l'endroit et nous avons dû porter des sarong...
Le guide semblait aimer tout particulièrement et très chaleureusement Vincent au point de presque se prendre à son cou tout en lui décrivant le temple devant nous. Moi j'ai eu franchement de quoi rire. Je voyais Vincent mal à l'aise mais n'osant pas repousser son guide envahissant.
Nous avons continué jusqu'à la capitale régionale de Negara. La ville rien de spécial, une sorte de grande avenue bordée de bâtiments à l'aspect souvent délabrés. Après un lunch « brûlant et épicé » nous avons vu un petit chemin qui partait en direction des montagnes. Notre but était de voir des rizières et de la forêt au lieu de la route et des maisons sans discontinué depuis des kms (même si on quitte une ville, il n'a jamais vraiment d'interruption au niveau des habitations). Le chemin que nous avons prit a vite commencé à être parfois escarpé et notre petit scooter n'a pas toujours eu la vie facile. Au bout de quelques kms, voilà la pluie qui s'invite. Au début, faible puis de plus en plus forte. On s'arrête dans un hameau et on trouve abris auprès d'un paysan. Comme la pluie semblait se calmer, on décide de repartir. Grave erreur. Le chemin est devenu cabossé, caillouteux et la pluie, surtout elle, de plus en plus forte. Avec Vincent nous avons réussi a trouver refuge sous un arbre. Mon sac par contre, lui n'a pas aimé l'eau, et j'ai dû utiliser la pèlerine (que par miracle le scooter disposait) pour sauver tout mon attirail électronique (pc, ipod, appareil photo, disque dur, nintendo ds - oui je sais.... ).
Au bout d'un quart d'heure, on décide de redescendre malgré l'orage; pas moyen de rester plus longtemps au milieu de la jungle et sans abris. Le temps d'arriver à Negara, nous avions prit une triple douche de pluie tropicale et c'est avec plaisir que nous avons pu trouver abris sous l'entrée d'un magasin. On s'est retrouvé à essorer nos habits, pour au moins enlever les deux litres du t-shirt et du short... et de quoi faire rire des balinais abrités eux-aussi juste en face.
Et oh, merci ma bonne étoile, que voyons nous juste à 20 mètres, le mot miracle « hôtel ».
A nouveau, la même histoire des prix. On passe par la chambre à 250000 pour finir par celle à 50000, plutôt spartiate, mais suffisante pour nous. En faisant le check in, j'ai découvert que le prix appliqué pour les balinais est de moitié. Logique vous direz. Et à la question, 50000 cela fait combien ? Et bien environ 5 USD. Les prix dans la région, surtout au niveau de la bouffe, sont parfois ridiculement bas, mais comme tout se compte en dizaine de milliers, cela fait tout de suite l'impression de payer des fortunes.
Vous allez me dire, je parle beaucoup d'argent. Ici, marchander son eau, ses clopes, sa nourriture font partie du voyage. Parfois c'est drôle, parfois énervant lorsqu'on voit clairement qu'on nous prend pour des idiots et que le prix double voire triple. Sans marchandage votre budget explose et ne devient plus aussi économique comme il est sensé l'être en Asie. Pour ceux qui voudraient un jour y mettre les pieds, vous saurez plus ou moins comment faire et où se trouve la fourchette acceptable pour chaque parties.
En retournant sur la ville à la recherche d'internet (ici c'est plus Kuta, c'est difficile à trouver et les connections sont parfois aléatoires), coupure de courant. Comme il faisait déjà nuit, c'est les lumières des voitures qui faisaient office de lampadaires et c'est là que j'ai réalisé à quel point ma petite lampe de poche devenait plus qu'utile. Au supermarché (qui avait son groupe électrogène), nous avons vu nos premiers gamins mendiants. Triste à voir mais cela fait parti du « paysage » des pays pauvres. Pour finir, une ville plongée dans le noir cela a son charme. Tout semble différent, les lumières des voitures lui donnent un aspect étrange.
Et comment mange-t-on dans ce genre de situation ? Et bien avec une bougie, dans un buis-buis, au bord de la route. Une assiette de riz accompagnée d'un mélange dont nous ignorons la composition. Cela se mange, c'est souvent très épicé.. bref. Tant qu'on est pas malade, on va pas se plaindre.
Lundi 1er juin, nos habits n'avaient encore complètement séchés mais avec le soleil franc de ce matin là, nous avons pu partir et la chaleur a fait le reste. Cette fois-ci nous avons pu prendre un beau chemin à travers les rizières et avec en toile de fond, des volcans.
Puis, de retour sur la nationale 1, direction Gilimanuk, terminal du ferry à destination de Java.
Sur la route, nous voyons un panneau « national park, information » En fait d'information, le lieu était utilisé en guise de camp de « réfugiés », la salle servant d'accueil remplie de dizaines de personnes entassées là pour dormir. Assez surprenant sur le moment, car c'est le genre d'image que nous voyons plutôt à la télévision bien au chaud dans nos maisons en Europe.
Le ranger nous a proposé un trekking dans le parc. Le prix de départ 35 USD pour 3 heures nous a semblé tout simplement du vol. Surtout lorsqu'il nous a dit avec un sourire éclatant que nous pouvions trouver un arrangement qui puissent plaire aux deux parties. En somme, si nous avons bien compris, le fric part dans sa poche et pour le parc ?? Bref, pourquoi s'en étonner. On a juste dit, on va voir en ville et on reviendra si nécessaire.
Arrivés sur Gilimanuk, nous avons pu après avoir traversé, ce qui semblait une sorte de bidonville, arriver au bord de la mer et voir Java...
Gilimanuk ne nous disait rien, on est donc reparti direction le nord. Vincent cette fois-ci a prit la route. En fait, sur la route nationale j'avais conduit, car mon permis suisse a une petite moto au verso, ce que son permis international n'a pas. Comme nous ne voulons pas avoir à payer des pots-de-vin, on s'est dit, avec mon permis, on devrait plus facilement faire croire à un flic que le format carte de crédit est valable en Indonésie, même si d'après mes renseignements, il ne l'ait pas (oui je sais j'aurais dû, mais que ce soit au Canada, USA, ou Australie, mon permis a passé comme une lettre à la poste...).
Le parc national, recouvre une zone de montagne, avec plusieurs volcans. Pour le visiter, par contre pas moyen. A un centre d'information trouvé plus loin, on nous a sorti que le parc ne peut être visité que accompagné d'un guide pour la modique somme de 20 USD par personne. Après les parcs australiens, qui presque tous se visitent gratuitement, pourquoi soudainement, ici le prix prend l'ascenseur? Question bête... Touristes...
Nous avons visité sur le chemin un temple dédié à la déesse brasrhshrshrjhser .le panneau ci-dessous vous en dira plus, vu que vous êtes tous des experts en balinais ;-)
Le temple donne accès à un chemin dans la forêt avec plusieurs petits autels.
Seul bémol, des déchets en quantité qui vont de la tongue, de l'emballage papier, des sacs plastiques etc..... La propreté n'est pas le fort des balinais. La nature sert de poubelle. Dommage.
Pour notre halte pour la nuit, nous avons pu trouver un endroit charmant avec vue sur les montagnes, que Vincent a regardé avec presque des yeux d'enfant. Faut avouer que tous n'ont pas la chance d'avoir nos belles Alpes depuis les fenêtres ;-)
Nous nous sommes un peu baladés en direction des montagnes à travers les champs et croisés quelques paysans, dont cette femme et sa petite-fille
A Pemuteran, l'endroit est dédié au diving et snorkeling.. C'est ici que nous avons vu les premiers blancs depuis notre départ de Pekutatan. Région touristique oblige, les spas, resorts et autre font leur apparition. C'est dommage. Les deux nous préférons ces petits villages qui sont loin de tout ce mercantilisme et qui bien sûr pousse les gens à augmenter les prix, à demander à nouveau « transport » et autres dès notre passage.
Heureusement que ce n'est pas toujours le cas. Nous sortons des sentiers battus et à chaque fois c'est la gentillesse des balinais que nous gardons en mémoire. Dans notre petit hôtel où nous étions je crois presque les seuls occupants, le garçon qui faisait office de manager, était d'une gentillesse incroyable. Le matin, il m'a apporté mon café balinais (du café moulu dans de l'eau) un peu comme s'il apportait une offrande. Et en plus, je l'ai eu gratuit.
Nous sommes repartis jusqu'au prochain lookout et là le stress total. Je retrouve plus mon appareil dans la grande poche de mon sac. Pas le temps de dire merde, je repars de suite vers l'hôtel. Sur place rien. Et merde!! J'ai réalisé que je l'avais pas oublié car je me suis revu en train de le ranger. Alors c'est pendant que nous étions bloqués par la foule qui suivait un enterrement, on l'aurait prit du sac que portait à ce moment là Vincent juste à côté d'une fourgonnette?
Je me suis dit, bon les photos sont sauves, elles sont déjà toutes sur le pc.. mais cela veut dire que je dois faire marcher mon assurance. Super, depuis ici et je fais comment pour les photos entre temps ? Avec mon portable? Je reviens au lookout, déjà prêt à dire à Vincent que je l'ai perdu, lorsqu'il me le montre du doigt. Je sais pas pourquoi, mais sur la plage, j'ai réussi à le caser dans la petite poche (je sais pas encore comment j'ai pu) et bien sûr en voulant le reprendre j'ai regardé dans la grande, là où il est toujours rangé. C'est avec plaisir que j'ai pu le reprendre dans mes mains, un peu comme un objet sacré. Cet appareil est pour moi une source d'inspiration. J'ai des souvenirs par milliers depuis que je l'ai acheté aux USA et le perdre aurait été inexcusable. Je le chouchoute, je le nettoie tout le temps et c'est pas le genre d'appareil qu'on apprend à utiliser en une semaine... Bref, depuis, il est bien calé au fond du sac et les fermetures éclairs sont placées sur le côté.
Un peu plus loin, nouvelle halte pour visiter un temple. L'endroit dédié je crois à Vishnu mais je n'en suis pas sûr.
Au retour, petit problème avec les singes.... Un mâle n'a rien trouvé de mieux que de s'asseoir sur notre scooter et au passage de faire ses besoins sur le siège. Le pire, ce con a mordu dedans, enlevant une petite partie du simili-cuir et de la mousse. Pour le faire partir ? Vincent a essayé de lui faire peur et bien c'est lui qui a eu peur en voyant les canines du babouins pas farouche le moins du monde. J'avais heureusement un peu de pain dans un sac et j'ai pu l'attirer tandis que Vincent tentait de bouger le scooter; mais c'est moi qui avait la clé.
Je vous dis pas la situation, suivis par des babouins pas très sympathiques.. et qu'on ne peut pas chasser d'une manière ou d'une autre. C'est aussi une divinité il me semble...
A force de jeter des miches de pains sur le côté, je peux passer les clés à Vincent et nous éloigner. C'est avec la rage que nous avons pu reprendre la route pestant contre ces singes qui toute divinité qu'ils soient, sont franchement une plaie lorsqu'ils se mettent à mendier et surtout à sortir les crocs si vous n'allez pas dans leur sens...
Sur la route, le même délire de circulation. Après nos premières émotions du dimanche avec Vincent on a prit plaisir à cette conduite un peu folle. Les flics ne nous ont jamais inquiété et pourtant c'est pas les postes de police qui manquent sur la route, sans compter toutes les voitures et motards que nous avons croisés. Nous avons franchement prit notre pied sur cette route. A droite les montagnes, sur la gauche, après les maisons, la mer.
De nouveau, nous avons prit un petit chemin en direction des montagnes. Pas grand chose à voir mais perché au milieu d'un village, un beau temple, comme il y en a des milliers sur l'île.
De retour sur la nationale, nous nous sommes arrêtés sur un joli lookout avec vue sur la mer de Bali. C'est pas la mer, mais j'aimais bien la composition.
Après un bon café balinais, au moment de repartir, un mec nous interpelle et nous propose d'emblée un hôtel situé pas trop loin. Avec notre carte, il nous semblait que la ville de Lovina se trouvait encore loin, mais en fait juste à 5 kms. Nous deux blaireaux, nous voyageons avec une carte utilisée pour des tours et qui indique des distances fantaisistes entre les villes; alors ce qui semble être des kilomètres n'est parfois qu'à quelques centaines de mètres.
L'hôtel du mec, situé sur Lovina s'avéra un endroit paisible, avec accès sur une plage propre (le reste est souvent sale car les rivières qui servent aussi d'égouts se déversent juste là).
A peine la nuit tombée, et bien quoi ? Une nouvelle coupure de courant. Avec ma lampe de poche on est parti à la recherche de nourriture et c'est dans un nouveau buis-buis sur le bord de la route qu'on a pu manger un bon saté de poulet à la sauce super relevée.. et merci le riz sinon bonjour pour avaler...
Le courant est revenu par la suite et quelque part j'ai regretté l'atmosphère aux bougies. Je redécouvre avec ce genre d'expérience des choses simples. Passer une soirée à la bougie et rien d'autre.
Mardi matin, nous avions booké une heure de snorkeling. Pour le prix appliqué, on a pas trop hésité et notre business man de l'hôtel est même venu nous réveiller pour être sûr que nous puissions prendre le petit-déjeuner (payant) avant de partir. Lui, il en manquait pas une pour essayer d'augmenter son chiffre d'affaires ;-)
Sur un bateau de pêche traditionnel, nous sommes partis à 20 minutes de là, pas très loin de la côte en fait, mais à un emplacement qui semble prévu pour cela. D'autres bateaux s'y trouvaient déjà avec que tubas qui ressortaient de l'eau tout autour.
L'eau claire à cet endroit nous a permis de voir quelques coraux. Malheureusement leur état indique clairement que tous les déchets, essence et huiles y comprises sont en train de les tuer.
Certains coraux étaient blancs, indication qu'ils sont morts. Nous avons pu par contre voir pas mal de poissons. Cet petit moment m'a donné envie de refaire de la plongée. J'ai plongé un peu pour voir des coraux plus profonds, mais sans oxygène d'appoint difficile de tenir très longtemps.
Rien à voir mais sur la route de Lovina, cette "petite" statue de 5 ou 6 mètres
De retour sur la terre ferme et passé le barrage des vendeurs de colifichets, nous sommes repartis direction la montagne. Sur notre carte, les chutes de Git Git s'y trouvaient. Ce que nous n'avions pas calculé, c'est qu'après passé la ville, la route monte en lacet sur des kilomètres avant de déboucher en pleine forêt au lieu-dit.
Il faut passer marcher environ 1 km entre des dizaines de stands vendant des peintures (très belles au passage et à un prix misérable), de statues et habits en tout genre avant d'atteindre la chute. Un petit autel se trouve juste avant, signe que l'endroit est considéré comme sacré.
Juste à l'emplacement du parking, il y avait un poste de police, mais comme d'habitude nous sommes passés sans avoir été inquiétés le moins du monde. On s'est demandé si de ce côté de l'île les policiers ont moins tendance à harceler les touristes pour des histoires de papiers ou de non-respect (éventuel) des règles de circulation.
La route a continué de grimper, de plus en plus jusqu'à atteindre la limite des nuages. Nous avons dû nous trouver vers les 1300 mètres d'altitude.
Sur le chemin, à nouveau un beau temple avec comme rapace de service, un babouin qui se servait dans les offrandes disposées sur place.
Nous sommes pour finir parvenus au lac Puyan qui d'après mon analyse visuelle se trouve dans la caldera d'un volcan éteint. Sur ses rives, le passé semble ressurgir. La gens semblent vivre comme il y a des siècles. Rien ne semble avoir changé. Des bateaux glissent lentement entre les herbes, des femmes et des hommes sont installés sur des sortes de barges à l'attente de ne je ne sais quoi.
A côté d'un temple des enfants s'amusaient avec le sable noir utilisé pour la (re)construction. Les trois gamins étaient trop contents de se faire prendre en photo et après de rire aux éclats en se voyant. Ici, leur innocence fait plaisir à voir. Il n'est plus question de roupies pour un oui ou pour un non. Ils sont juste heureux d'avoir pu poser pour vous. Depuis que nous avons quitté Kuta, ce sont eux qui nous ont fait le plus plaisir. Les adultes bien sûr aussi, mais il faut que cela reste en dehors des relations d'affaires, du genre acheter de l'eau, des cigarettes, un repas, ou chercher un logement.
Après le lac, nous avons du remonter les pentes de la caldera pour atteindre la route qui permet de longer le lac suivant avant de descendre sur la plaine. C'est là que nous avons eu froid..... Relatif car à l'arrêt on pouvait rester en t-shirt mais dès que nous démarrions, et bien, la chair de poule. Une sensation presque oubliée depuis Uluru.
La descente bien que belle, fut parfois pour moi source de craintes. Nous nous sommes retrouvés à traverser les nuages (un brouillard épais à cet endroit) et Vincent qui freinait à mes yeux pas assez pour la pente très forte et aux virages ultra-serrés.
Le scooter sert à transporter absolument tout, la moitié d'une maison, une table, des planches, etc... etc...
Les enfants, toujours heureux de poser avec vous. La fille avec le bonnet noire, parlait en plus le français et l'anglais, et pas qu'un peu. Au point de nous surprendre. Nous avons prit son adresse pour lui envoyer la photo dès que possible.
Nous nous cherchions un logement pour la nuit et je sais pas pourquoi, malgré la direction que nous indiquions, les villageois à chaque fois nous renvoyaient je ne sais où, du genre Lovina, d'où nous arrivions ou alors un village dépassé depuis 10 bornes avec un Spa.... A force de demander et de chercher nous avons pu trouver un endroit idyllique face à la forêt peu après Pupuan à Pujungan.
C'est là, enfin que nous avons appris le mot Pondok Wisata pour dire HomeStay. Nous avons alors réalisé que nous en avions vu plusieurs, mais comme nous cherchions le mot « hotel, homestay ou room » et bien en Indonésien c'est pas pareil. Au moins, nous avons apprit de nouveaux mots. Je dis pas que nous allons partir de Bali en parlant l'indonésien ou le balinais, mais un minimum de vocabulaire est nécessaire surtout dans ces régions où souvent les gens ne savent pas 3 mots d'anglais.
Il était tenu par un jeune homme de 30 ans et déjà père d'une fille de 7 ans qui nous accueilli dans un sympathique lieu, entouré de plantes soigneusement entretenues. Un vrai petit Eden. Nous avons passé une agréable soirée à essayer de dialoguer avec lui plutôt par signes que par mots, mais l'expérience est toujours agréable. Le plus surprenant, on l'a vu arriver écoutant Céline Dion et la chanson de Titanic ;-)
La route depuis le village file en lacets, très très très serrés en direction de Pekutatan, située à seulement 30 kms, mais qui ne s'atteint pas en moins d'une heure voire deux si deux touristes s'arrêtent sans cesse pour prendre des photos des volcans, des rizières, des gens.
Arrivés à Pekutatan, à peine arrivés la « manager » de l'hôtel où nous avions laissés nos affaires, appelle le loueur de la moto. Là gagné, le morceau arraché par le babouins nous a été facturé. Bon question prix l'équivalent de 10 USD, mains d'oeuvre comprise. On avait hésité sur Lovina à remplacer la housse, mais on s'était dit, on va essayer de négocier en rentrant - pour finir nous en sommes pas trop mal sortis.
Au début, nous voulions rester une nuit à Pekutatan, mais pour finir, nous avons pensé, si nous voulons louer une nouvelle moto, autant descendre vers le sud, du genre à Tabanan. Nous avons donc prit à nouveau un bus local vert.
Le prix qui au début devait être de 100000 roupies et bien juste avec 4 doigts, est descendu à 40000. Il suffit parfois de paraître très sûr de soi et les choses se font facilement. Le voyage cette fois-ci plus rapide, et comme nous étions vers l'avant nous pouvions voir la route. En passant par Tabanan le chauffeur nous averti que nous sommes arrivés mais en guise de ville, il nous a semblé traverser un gros bourg sans centre exact. Pour finir, nous lui disons que nous continuons jusqu'à Denpasar. Il a de nouveau tenté un prix supérieur, nous, bon euh, nous avons déjà payé 40000, alors jusqu'à Denpasar 10000. Ok, pas de problème.
Arrivés à Denpasar,
voilà la meute, qui monte presque, pour proposer transport, taxi, etc.. Kuta ? Sanur ? Lombok?.. et pourquoi pas la Chine tant qu'ils y sont... Nous nous voulions un hôtel pas trop loin et surtout pas trop cher. Un chauffeur de taxi nous propose un logement, va savoir où mais bien sûr contre une course en voiture. Nous, « non on peut marcher, il faut juste nous dire dans quelle direction!». Là il se propose, et nous conduit derrière le terminal de bus dans des rues à l'aspect peu avenant, en terre, des buis buis sales des deux côtés. Les hôtels en question tous pleins, car utilisés par des étudiants. Pour finir au bout du 4ème nous trouvons un endroit où dormir et le chauffeur de taxi toujours derrière nous. Nous avons bien pensé qu'il voulait un pourboire.
Là désolé, mais on a pas demandé un guide. Nous simplement, on a fait le check in et pris possession de notre chambre. Je pense qu'à force de voir que nous ne revenions pas, il a abandonné et est reparti vers le terminal à la recherche d'une nouvelle proie. Ce retour à la dure réalité de cette partie de l'île m'a tout de suite donné envie de repartir au milieu des rizières, loin de tout et surtout de cet appât du gain omniprésent entre Denpasar, Sanur et Kuta.
Après une rapide douche et surtout des habits propres (nous avions fait dans le strict strict minimum pour les derniers 4 jours), nous voilà partis vers le centre de Denpasar. Ce que nous avons surtout découvert, c'est que marcher en ville signifie respirer au milieu d'un nuage gris de pots d'échappement. Ce ne sont pas quelques dizaines ou quelques milliers, mais des dizaines de milliers de motos et voitures qui passent en permanence dans tous les sens et respirer s'avère parfois difficile. Après avoir demandé à plusieurs endroits, nous trouvons un loueur de moto. Le mec un vieux, franchement con. Il a demandé avant de nous montrer la moto, un passeport, et qu'il voulait garder. Je lui passe ma carte d'identité suisse. Après avoir complété le « contrat », il demande l'argent mais à tout cela nous n'avions pas encore vu le scooter (nous voulions prendre un automatique et pas une moto). A force d'insister il accepte de nous le montrer. Un vieux scooter, aux pneus un peu limite.. bref. Un italien passe juste sur le moment et nous dit, sur Kuta à 25000 vous aurez un modèle neuf. Comme le vieux ne voulait pas nous proposer quelque chose de mieux, j'ai récupéré ma carte d'identité et demandé qu'il annule le formulaire que j'avais complété. Je ne sais pas vraiment, même si il a mis un « vu » dessus, mais il a accepté. Avec Vincent, on a franchement eu de la haine sur le moment. On nous prend pour quoi ? Des cons en puissance? A croire que parce que nous sommes touristes nous nous laissons berner facilement? Le pire, au moment de contrôler ma carte d'identité il ne voulait pas l'accepter, car elle lui semblait peu crédible. La raison ? La croix suisse. Il l'a prise pour une carte du genre d'un hôpital ou autre. Bref, no comment.
Nous sommes donc partis direction Kuta... Kuta.. nous ne pensions pas y retourner. Alors pour y arriver nous avons marché... euh.... deux heures.. environ 10 kms...longeant une avenue la Jl Iman B...... à l'heure de pointe, donc des scooters et motos non stop. Nous avons eu parfois de la peine à respirer. Chose étrange nous n'avons jamais été aussi content de nous retrouver à Kuta. Qui l'aurait cru? Au moins ici, nous connaissions.
Vite fait, vers notre ancien hôtel, nous avons pu trouver un scooter à 25000 la journée. En fait, un ancien modèle, avec déjà 50000 kms au compteur... mais bon, au moins on ne pourra rien nous reprocher.
Sinon, on a voulu faire du change, la galère. Les prix affichés sont en fait hors commission et même si on demande on ne vous dit rien. On vous sort un chiffre sur une calculette et c'est là que vous réalisez que c'est pas le prix affiché sur la rue. Le pire, Vincent voulait changer du fric là où cela semblait intéressant. On voit les liasses s'accumuler, on les compte; le mec reprend les liasses et d'un tour de passe passe fait disparaître une ou deux liasses. Donc, nous en recomptant pour la 3ème fois, on se rend compte qu'il manque presque 20 billets de 20000 (2 USD). A force de recompter, lui et moi, le mec nous a envoyé balader, mais nous, nous avons été bien content d'avoir évité l'arnaque typique qui consiste à vous faire voir un certain montant et pour finir, vous vous retrouvez avec 20 % en moins. Nous connaissions l'arnaque par un forum et c'est pour cela que après avoir vu le mec reprendre tous les billets, j'ai demandé à recompter... Attention donc si un jour vous vivez l'expérience.
La fin de la soirée fut plus tranquille, j'ai pu enfin publier le message que vous avez déjà tous dévoré pour la journée du 29 mai et après nous avons repris la route de Denpasar. Nous avons en fait à ce moment là réalisé la distance que nous avons parcouru. On s'est dit, on est un peu tarré mais heureusement que nous avons l'habitude de marcher. A cette heure là, 23h, les rues étaient presque vides et la petite averse ne nous a pas empêché d'arriver sains et sauf à l'hôtel.
La suite bientôt :-)
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